• François

Quand les enfants parlent handicap et solidarité



Pour la première fois, j’ai accompagné la commission « solidarité » du conseil d’arrondissement des enfants de la Mairie du 1er. En plein projet de sensibilisation à la question du handicap, la commission recevait ce-jour deux invités en situation de handicap pour échanger sur leur parcours.



Contexte des échanges


Lors d’une séance précédente, cette commission a rencontré Didier (l’un d’eux). D’après le compte rendu, à l’issue les échanges, la question de l’accessibilité des espaces s’est transférée à la question de la sensibilisation. Ce jour-ci une autre personne intervient, Benjamin, pour apporter son expérience. Il a beaucoup voyagé ce qui permettrait de visibiliser d’autres aspects de la situation de handicap. Cependant, la prise de parole a plus été retenue par Didier, ce qui n’a pas empêché d’aborder en fin de séance des questions relatives à son expérience. Sont actuellement présents, six enfants de la commission « solidarité » et les deux invités. Quelques hésitations avant de commencer. La reprise d’un questionnaire établit par les enfants relance le dialogue. La feuille tourne, chaque membre posant à son tour des questions. Les thématiques des réponses partent d’un sentiment partagé de l’amélioration des conditions d’accessibilité et de difficultés persistantes. Didier et Benjamin n’ont pas un handicap de même nature et tiennent à le souligner en voulant aussi élargir la notion d’handicap physique au-delà de l’image des fauteuils roulants. La conversation va aborder alors deux principaux aspects : Les déplacements (transport et accessibilité) et la civilité (l’image de la personne en situation de handicap, les regards, les peurs, le manque d’attention et de patience des passants dans les situations quotidiennes). Compte rendu des échanges

Le premier sujet abordé par Didier et Benjamin est celui de l’accessibilité aux trottoirs, il faut qu’ils soient assez larges et, quand ils le sont, des obstacles bouchent parfois le passage : poubelles, potelets métalliques… Benjamin qui n’est pas véhiculé par un fauteuil roulant électrique évite beaucoup d’endroits, notamment les pentes de Croix Rousse. Il faut prévoir à l’avance son trajet. Le fauteuil roulant électrique de Didier permet les courts déplacements en ville, en évitant les trottoirs, non sans difficulté. Entrer et sortir de la route nécessite de passer par les « bateaux » sur les bords des trottoirs. Ces points-là sont parfois bouchés par des personnes se stationnant temporairement, souvent inconscientes de la contrainte créée.


Concernant les déplacements en avion, les membres de la commission découvrent les difficultés encourues : nécessité d’être accompagné de quelqu’un pour Didier et de prendre financièrement en charge ce service (coût d’un vol pour deux personnes). Dans la situation de Benjamin, ce service est pris en charge par la compagnie. Dans les deux cas de figure, la personne est assignée à son siège durant tout le vol.


Lorsque la commission interroge sur les plus grandes difficultés rencontrées, Benjamin répond « les escaliers et le regard des personnes ». Sont alors abordés, les sujets relatifs à l’indifférence encourue face aux accidents à travers l’expérience d’une chute de fauteuil en pleine rue, dans l’indifférence des passants et des automobilistes irrités. Parfois, observe Didier, « on aimerait juste qu’on nous dise : Est-ce que vous auriez besoin d’aide ? » Il évoque des passagers de bus, qui s’emportent occasionnellement lorsqu’ils tardent à ouvrir leurs portes, le temps que la palette d’accès se déploie... Le regard pèse quotidiennement dans le quotidien allant de la fuite à l’indifférence. Les personnes manifestent dans certaines situations une peur du contact physique. Le problème selon Didier, est le fait que les personnes en situation de handicap peuvent, à la vue de toutes les offenses quotidiennes subies, devenir agressives, venant par-là salir l’image de la personne handicapée.


L’accessibilité des lieux de vie (distributeur de banque, supermarché) est abordée à nouveau sous un angle un peu plus légaliste par Didier : il s’agit de faire respecter la loi vis-à-vis de ceux qui ne la respectent pas. Il lance alors des actions à envisager : parler, et faire parler autour de soi du problème de l’accessibilité de certains endroits. Pourquoi ne pas en parler calmement aux personnes des agences et commerces touchés par ce problème ? Emerge alors l’idée de faire des actions de sensibilisation par des tracts rappelant des textes de lois. La question du handicap et de la mobilité ne se réduit pas à l’image du fauteuil roulant, mais à toutes les personnes ayant des contraintes physiques, se déplaçant en déambulateurs, ayant des difficultés motrices, ou matérielles, une personne avec une poussette. Le travail du passager est d’être attentif à tout moment, tenir une porte, aider une personne à traverser. Les questions de la fin abordent les voyages à l’étranger de Benjamin. Ce qui n’est pas évident, c’est que le touriste dans beaucoup de pays peut être considéré comme une personne riche, ou aisée, ce qui n’encourage pas les situations d’aide spontanée.


Actions abordées, proposées et envisagées


Les enfants repartent avec des idées nouvelles concernant leur projet. Ce samedi 24 juin, ils présenteront lors de la plénière de fin d’année les différents points qu’ils souhaitent développer pour la suite : - Contacter les instituteurs/institutrices et directeurs/directrices d’école pour engager des actions de sensibilisation. Possibilités d’intervention de Didier & ou Benjamin

- Créer des tracts et affiches de rappel à la loi

- Contacter des journalistes pour médiatiser ces actions !


Les enfants sont très motivés pour présenter ces projets demain lors de la plénière afin de pouvoir les concrétiser à la rentrée !


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