• Marion

Porter la parole des habitants du quartier Belleroche à Villefranche


Fraîchement arrivée au sein de LADS, c’est ma troisième intervention sur le terrain, je découvre aujourd’hui une des activités phares de l’asso : le porteur de parole.


Missionnés par l'association ad hoc "Lecture & Partage", nous voilà tous les quatre arrivés à l'Ecole X après quelques difficultés d’orientation. Il faut dire qu'à Belleroche, les indications sont peu nombreuses et les immeubles d’habitation se ressemblent tous pour un œil non averti. On rejoint Yannick, stagiaire à LADS, déjà bien vu des parents sur place. Il est arrivé en avance sur les lieux et a donné un coup de main à l’installation des tables, barrières, stands, etc...

C’est la fête de fin d’année à l’école ! Nous, on s’installe, au milieu de l’affairement aux derniers préparatifs. L’idée est de profiter de ce moment festif de rassemblement, pour prendre la température auprès des élèves et de leurs proches au sujet d'un beau projet porté par l'association locale "Lecture & Partage". Face à l'absence de lieu de rencontre dans ce quartier de 6 000 habitants de toutes origines confondues, l’idée de l’association est de mettre à disposition l'espace de la bibliothèque de l'école en dehors des temps scolaires pour en permettre l'accès à tous. Angèle, Gwendoline, Gaston, Yannick et moi de LADS, nous sommes donc là pour recueillir les envies, les réactions, discerner les besoins et les attentes.

Après avoir échangé avec les membres de l'asso sur leurs projections pour ce lieu et l'offre culturelle qui devrait selon eux y être proposée, on réfléchit à la question de départ du porteur de paroles. C'est une partie de gymnastique intellectuelle intéressante, cette question doit permettre d'ouvrir la discussion. Notre choix s'arrête sur :

"La bibliothèque de l’école ouvre ses portes, on la réinvente ensemble ?"

Ce qui nous parait primordial dans la question c'est que les gens puissent se sentir concernés et impliqués pour engager un débat constructif.

Les premiers élèves et leurs parents arrivent... C'est parti ! Pourtant installés littéralement en plein milieu de la cour, les personnes semblent passer au travers de l'espace que nous avons investi sans prêter attention à notre présence, ni à la question. Alors on se lance ! C'est un vrai défi pour moi, il va falloir aller à la rencontre des gens pour engager l'échange.





Plusieurs femmes sont regroupées en cercle autour de petites boîtes de gâteaux et d'une théière de thé à la menthe. Ce niveau d'organisation me laisse à penser qu'elles n'en sont pas à leur coup d'essai ! Je me permets de les interrompre. Elles me proposent du thé mais cela ressemble plutôt à une diversion pour ne pas engager la discussion. Je leur fais promettre de revenir me voir ultérieurement. La bonne surprise est que, qu'une dizaine de minutes plus tard, l'une d'entre elles vient se renseigner sur les détails du projet. Cela fait tilt, elle est intéressée !




Elle m'explique qu'à la maison, elle trouve toujours "mieux" à faire, plus "urgent", prise par ses obligations ménagères, et ne se laisse pas le temps de partager un moment de calme avec ses enfants.







D'autres l'envisagent comme un lieu de rencontres entre adultes....




Ou encore comme une alternative à la médiathèque, située loin du quartier...






Je n'ai pas l'impression d'avoir poussé au maximum le potentiel de ce type d'intervention, peut être par manque d'expérience sur le terrain, peut être aussi par manque de participation des gens sur place, mais une première pierre est posée pour la valorisation de ce lieu. Cela permet aussi aux porteurs du projet de se rendre compte de la réalité des besoins des potentiels usagers de la bibliothèque (les habitants du quartier). Ce, peut être dans une plus grande simplicité que ce qu'ils avaient pu imaginer, du moins pour le moment.


Donc, dans un premier temps la solution semble être de donner envie de fréquenter ce lieu, et de laisser petit à petit les habitants du quartier s'en emparer, se l'approprier pour le façonner au gré de leurs envies. Cela pourrait passer par une implication dans la gestion de la vie du lieu, ainsi que par une co-construction progressive des différentes animations et activités que le lieu pourra proposer.


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